“ciels de Paris”

Le regard se porte généralement sur des objets concrets dévoilés par la lumière. Dans cette optique, le ciel peut constituer une ouverture, un espace sans borne, une abstraction. Il peut aussi représenter un espace de rêverie ou d’incertitude, voire un objet métaphorique.
Dans cette série de photos nommée “ciels de Paris”, j’ai pris le parti d’encadrer le ciel, de lui faire perdre son statut d’infini. Limité par une borne géométrique, ce ciel devient contenu, devient forme, devient corps équilibrant ou déséquilibrant, il devient terrestre.
Ce travail tente d’interrompre l’aspect abstrait du ciel. Les limites imposées donnent son existence à un ciel qui apparaît différemment à notre regard.
La représentation individuelle du ciel en fait un objet mouvant. Ces ciels se distinguent d’une entité universelle en acquérant une connotation singulière dont la caractérisation est propre à chacun de nous. Cette relation duale permet l’irruption d’une charge affective qui donne existence à l’objet du désir.
La ville comme espace du quotidien est, pour celui qui y habite, à la fois intime et usée par l’habitude du décor. Mobiliser le regard permet de redécouvrir la ville au travers du prisme du ciel.
Paris, ville de renommée mondiale, “lessivée” par les clichés, ville dans laquelle je me déplace chaque jour, m’est apparue comme un espace privilégié pour cette mise en lumière.
Le ciel sans corps exprime une réalité commune. La complexité de son unicité est mise en évidence par l’enjeu de deux formes de représentations. La première est constituée par l’expérience directe avec l’objet, celle de l’œil du photographe face à la réalité. La seconde – l’image représentée de la première expérience – constitue l’objet final exposé à l’œil du spectateur : elle est l’objet de ce travail.

1.2.Comunion-01

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