La Femme
_____dragon

«Fertilités»

2012

série du
“Genius Loci”

tissage réalisé
pour le concours
«Talents Contemporains»
de la Fondation
François Schneider
sur le thème de l’eau
Comme d’autres sites naturels au panorama spectaculaire, la baie d’Ha Long est abondamment photographiée ou filmée, autant par des professionnels de l’image que par des touristes tentant de capter, d’immortaliser la découverte d’un paysage exceptionnel. Cette inépuisable production illustre la beauté du lieu en alimentant l’immense imagerie du monde. Mais, a contrario des milliers d’îlots qui la dominent, dans ces représentations l’eau de la baie apparaît, le plus souvent, comme un élément second, un substrat qui permet de magnifier les émergences terrestres et culturelles. Cette surface calme et miroitante est pourtant l’élément dans lequel s’ancre le mythe de la baie, et sans lequel elle n’existerait pas.
En sondant les lieux, mon travail de plasticien consiste à rétablir leur dimension perdue. Ce travail commence à la surface des eaux – dont je cherche à réinterpréter le mouvement –, jusqu’à leur profondeur chimérique où était tapie la femme-dragon que je fais remonter à l’air libre.
Le tissage photographique, permet de suggérer, par l’entremêlement des fertilités de l’eau, du mythe et de la femme, les mystères de cet environnement.
L’eau apparaît au travers de la lumière. Sa surface est troublée par les ondes et les courants sous-jacents ; ses …
… profondeurs recèlent les créatures mythiques.
Le tissage photographique, par ses entrelacs de rubans, fait naître une image vivante qui anime la surface en apparence calme, mais soumise à de possibles soubresauts. Il enrichit la photographie des mouvements créés, inhérents à la technique, sensibles à la lumière et à ses modifications. Le tissage fait également émerger une image de la fertilité au coeur de la légende, sous la forme d’une femme dragon. À mi-chemin entre la mère dragon et la féconde fée, elle se coule dans l’ondulation de l’eau tout en laissant s’exprimer son caractère animal au travers d’une peau d’écailles visible par endroits. La femme dragon est mère de la baie d’Ha Long, à la tranquillité trompeuse ; elle est le symbole et la gardienne de la fertilité du lieu.
Ainsi, l’eau de la baie devient polysémique. Le tissage, par la complexité de ses entrelacs, rappelle le long travail d’imprégnation de la nature et de la culture qui a modelé la baie telle qu’elle existe aujourd’hui : un patrimoine naturel et humain unique, dont l’eau est l’élément premier.
La Femme Dragon permet la transposition de l’image du dragon dans le corps d’une femme et renvoie ainsi à un élément fondateur du monde : l’eau et ses fécondités miraculeuses.

vidéo présentant le tissage

  • La Femme dragon
    La Femme dragon
    vue frontale – mise en lumière – du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier perlé, 70 x 59,7 cm
  • La Femme dragon
    La Femme dragon
    vue frontale – mise en lumière – du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier perlé, 70 x 59,7 cm
  • La Femme dragon
    La Femme dragon
    vue de détail de biais – mise en lumière – du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier perlé, 70 x 59,7 cm
  • La Femme dragon
    La Femme dragon
    vue de détail de biais – mise en lumière – du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier perlé, 70 x 59,7 cm