Mika Lisa

2012

série des
“Nouvelles mythologies”

Monna Lisa, objet de contemplation et de fascination, est une icône. À ce titre, le chef-d’œuvre de Léonard De Vinci subit pléthore de réutilisations, détournements ou transformations à des fins multiples. Il est un vecteur iconographique, support de communication universellement reconnu, objet artistique et objet de consommation ; Internet permet l’accès à ce panorama infini. L’idolâtrie touche son expression ultime dans les vagues de touristes qui viennent voir religieusement le tableau du Louvre. Monna Lisa véhicule ainsi, dans le sillage de sa réputation, l’image de l’œil qui la regarde. Les touristes japonais incarnent depuis un quart de siècle ce public.
Cette confrontation entre le grand classique de la renaissance italienne et l’incarnation, souvent extravagante, de la culture japonaise contemporaine crée un choc. Ce choc est celui du travail patient qui traverse les âges, source de contemplation, avec le monde de la consommation ultra-
rapide soumise aux modes, conditionnant des attitudes exagérées et capricieuses. Ce monde-là est transfiguré dans les personnages de mangas.
Toujours exagérés dans leur représentation des attitudes ou des idéaux d’accomplissement, les traits du manga comme leur production phénoménale exportent indéniablement cette culture japonaise de la consommation ostentatoire.
Chacun de ces mondes est un objet de fascination et de désirs. L’un et l’autre sont facilement accessibles et très visités sur internet. Mika Lisa exprime cette rencontre.
L’entremêlement des deux trames alimente ce choc tout en exprimant les phénomènes d’acculturation et d’intemporalité caractérisant notre culture de la communication. Les deux mondes se percutent, se complètent parfois, empiètent l’un sur l’autre dans une rencontre inattendue, image de notre expérience quotidienne du monde à travers la sphère du virtuel.
  • Mika Lisa – Pistache
    Mika Lisa – Pistache
    vue frontale du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier brillant irisé argenté et Fine Art RAG, 51,7×77 cm
  • Mika Lisa – Chocolat
    Mika Lisa – Chocolat
    vue frontale du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier brillant irisé argenté et Fine Art RAG, 51,7×77 cm
  • Mika Lisa – Pistache
    Mika Lisa – Pistache
    vue de détail de biais du tissage photographique réalisé à partir d’impressions numériques sur papier brillant irisé argenté et Fine Art RAG, 51,7×77 cm